Blouin Division a le plaisir de présenter Lumière, la première exposition de Wanda Koop à Montréal depuis sa présentation solo de 2024 au Musée des beaux-arts de Montréal.
Intitulée WHO OWNS THE MOON, cette exposition muséale a ouvert quelques jours seulement après la Grande éclipse nord-américaine. Alors que la trajectoire de la totalité traversait Montréal, elle a conféré aux peintures de lunes obscurcies et de portails mystiques de Koop une force et une charge symbolique singulières, donnant aux œuvres une impression de prémonition. Comme cela lui arrive souvent, Koop s’est retrouvée entourée d’images depuis longtemps achevées qui semblaient soudainement nouvelles, presque transmises depuis ailleurs.
Ce printemps, dans un contexte de conflits mondiaux et d’incertitude croissante face à l’intelligence artificielle, la mission spatiale Artemis II a contourné la lune, ramenant celle-ci au centre de l’imaginaire collectif. Pendant un bref cycle médiatique, l’attention du monde s’est déplacée vers l’extérieur, loin des divisions politiques et des anxiétés technologiques, vers une perspective plus vaste. L’équipage a capté des images d’Earthset, révélant notre planète comme un disque scintillant d’une vie aussi magnifique qu’improbable.
Ici, les peintures de planètes rouges, vertes et dorées de Koop semblent presque annoncer le voyage d’Artemis. Elles évoquent des lévitations majestueuses, des mouvements atmosphériques en rubans et l’équilibre cosmique qui régit nos existences terrestres. Si ses œuvres antérieures contemplaient la lune, ces nouvelles peintures semblent désormais évoluer dans l’espace lui-même. Regroupées sous le titre Untethered, elles fascinent par l’impression d’apesanteur et l’immensité des corps célestes en mouvement.
Tout aussi planétaire, une peinture monumentale d’un soleil rouge ancre l’exposition sur son mur central. Immense champ chromatique, elle agit comme un nerf à vif du regard et de la sensation. Son point insistant perce le brouillard et veille sur les lunes, les yeux mi-clos et les chandelles vigilantes qui traversent l’exposition, autant de symboles d’attention et de résistance silencieuse.
Autour de cet œil se déploie une brume orange et grise. Comme le suggère le titre Evacuate, ce brouillard renvoie à la fumée des incendies de forêt qui ont ravagé le Manitoba durant l’été 2025, forçant le déplacement de plus de 33 000 personnes. Sous des ciels enfumés et dans un climat d’inquiétude grandissante, nous passons de l’intimité d’une chandelle vacillante à l’éclat lointain d’une torchère pétrolière, puis inversement.
À l’image de HAL, l’intelligence artificielle mutine de 2001: A Space Odyssey, l’œil pénétrant de Koop observe et évalue. Sommes-nous en train de le regarder, ou est-ce lui qui nous regarde ? Sommes-nous face à un gardien bienveillant ou à une nouvelle divinité inquiétante ? Koop a déjà décrit ses meilleures peintures comme possédant leur propre intelligence, et ces nouvelles œuvres consacrées à la lumière semblent regarder au-delà de l’actualité immédiate, vers quelque chose d’encore inconnu. Avec ses chandelles délicates, ses yeux noueux et ses soleils ouverts comme des diaphragmes, Koop laisse entrer la lumière.
