Blouin Division a le plaisir de présenter A structure is for holding de Sofia Berger dans l’Espace Projet de Toronto.

 

L’exposition prend pour point de départ une tentative de rendre tangible une expérience intangible, en donnant forme à l’espace qui se situe entre voir et comprendre.

 

Les peintures de Berger se déploient à travers le mouvement de l’œil : un clignement, un déplacement, un glissement visuel. De fines pellicules de peinture transparente s’accumulent en couches, permettant à la lumière de les traverser, de s’y réfléchir et de s’y fracturer. Les formes apparaissent et se dissolvent simultanément. La peinture est canalisée sans jamais être entièrement maîtrisée, produisant des espaces à la fois architecturaux et instables : murs, cavités, seuils, ouvertures.

 

Ici, le cristallin devient une porte. La peinture devient un portail, une structure que l’œil peut franchir et que l’esprit peut habiter. Les ouvertures invitent à entrer tout en faisant simultanément obstacle à l’entrée. Les formes familières offrent des repères, pour aussitôt les déstabiliser.

 

Les espaces de Berger ne possèdent aucune identité fixe. Ils sont des réceptacles du devenir, des lieux où la perception, la mémoire et le corps peuvent brièvement se rencontrer. En ce sens, les peintures font écho à la chora de Bernard Tschumi, à une conception de l’architecture non pas comme une prescription de l’action, mais comme un espace au sein duquel quelque chose pourrait advenir.

 

S’inspirant d’expériences d’instabilité visuelle, de migration et des limites du corps physique, Berger s’interroge sur la manière dont nous trouvons notre chemin lorsque la vue nous fait défaut. Qu’est-ce qui permet à un espace de devenir réel ? Que signifie entrer dans quelque chose que nous ne pouvons pas voir pleinement ?

 

Les peintures laissent ces questions ouvertes.

Elles invitent l’œil à errer, le corps à imaginer et l’inconnu à entrer.