Blouin Division a le plaisir d'accueillir Kwìngwan : La terre tremble, une exposition de Caroline Monnet se déployant dans l’ensemble de la galerie.
Pour Kwìngwan : La terre tremble, Caroline Monnet présente un nouveau corpus d’œuvres qui envisage la gratitude comme un acte de résistance. Dans un monde façonné par l’extraction, la consommation et la croissance à tout prix, où les forêts sont considérées comme des ressources, l’eau comme une marchandise et les territoires comme du capital, Monnet propose un autre rythme. Ralentir. Regarder. Écouter. Porter attention à ce qui nous relie et reconnaître que nous faisons partie du monde vivant.
Les œuvres prennent forme à travers des gestes lents et répétitifs : tisser, broder, assembler, recommencer. Ces pratiques donnent forme à la mémoire et assurent la transmission de savoirs, de récits et de façons d’être au monde. Elles font écho à des générations qui ont préservé leurs langues, leurs cultures et leurs relations au territoire malgré les forces qui ont cherché à les effacer et à les déposséder.
Tisser, c’est relier. Réparer. Résister.
Les œuvres s’entrecroisent et s’emboîtent, faisant apparaître les relations entre les générations, les communautés et le territoire. La réparation devient un processus continu : maintenir les liens, transmettre les savoirs et créer les conditions nécessaires à la continuité. L’exposition pose une question centrale : comment habitons-nous un monde que l’on nous a appris à exploiter plutôt qu’à respecter ?
Au cœur de l’exposition se trouve une autre manière de penser notre relation à la Terre : fondée sur la réciprocité plutôt que sur l’extraction. L’eau, la terre, les plantes et les animaux ne sont pas de simples ressources, mais des éléments essentiels d’un monde vivant auquel nous appartenons. Reconnaître cette relation, c’est aussi reconnaître ce que nous recevons, ce que nous prenons et la responsabilité que nous avons envers ce qui vient après nous. Les œuvres nous invitent à renouer avec le territoire, à transmettre les savoirs et à imaginer un avenir fondé sur la réciprocité, le soin et la continuité. Peut-être que la gratitude commence par le geste le plus simple, et le plus radical : se rappeler que nous ne sommes pas séparés du monde. Nous en faisons partie. Et qu’il nous regarde en retour.
