La notion d’espace comme construction sociale constitue une question centrale dans la pratique de Marie-Claire Blais. L’espace y est abordé autant comme architecture que comme les frontières infinies de l’univers (les étoiles, les planètes, les galaxies). Thème récurrent dans cette pratique, la lumière constitue un filon unificateur des différents chapitres du corpus de l’artiste. La lumière peut se traduire par la couleur dans une série telle Brûler les yeux fermés, ou encore la lumière littérale qui perce les textiles détissés de la série Entrevoir le jour.


Dans des séries plus récentes, Marie-Claire Blais combine son intérêt pour la peinture, la sculpture et pour les tissages. Dans Être la porte qui s’ouvre (2016), les toiles ont d’abord été recouvertes de multiples couches de jute. Ensuite, diverses couleurs sont appliquées en couches successives à l’aérosol. Il en résulte des surfaces lumineuses, presque diaphanes, où de subtiles variations chromatiques animent les jeux d’illusion qui s’y déploient. Enfin, les œuvres de Marie-Claire Blais exposées au printemps 2020 témoignent de l’intérêt que porte aussi l’artiste à la sculpture. Ces récentes peintures appellent à la troisième dimension pour accentuer les chatoiements chromatiques des surfaces. Tantôt lacérées et pendantes, ou se dégageant du mur par le biais de pliages ou de moulages, les surfaces saturées de couleur mettent de l’avant une matérialité exacerbée par les minutieuses manipulations de l’artiste qui nécessitent plusieurs mois de travail d’atelier. La notion d’espace reste toujours essentielle dans ce processus qui décloisonne la pratique picturale et examine le rapport entre l’espace d’exposition et l’œuvre d’art.


Le travail de Marie-Claire Blais a été récemment présenté dans le cadre d’expositions solo au Musée des beaux-arts de Montréal (2025), Galerie Blouin Division (2023), et la Fondation Guido Molinari (2021). Les œuvres de l’artiste se retrouvent dans plusieurs collections, dont celles du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée national des beaux-arts du Québec, de la Banque Nationale, d’Hydro-Québec, de Desjardins, ainsi que de la collection de la Banque royale du Canada.