Le poète américain Charles Olson a écrit que l’espace est la baleine qui menace d’engloutir les Nord-Américains. Wanda Koop, l’une des peintres les plus accomplies du Canada, a retourné cette baleine de l’intérieur : depuis plus de quarante ans, elle absorbe l’espace. À travers des peintures de grand format et des événements multimédias intégrant vidéo, musique et danse, elle a constitué des ensembles d’œuvres à la fois beaux, monumentaux et fascinants. Une exposition de ses peintures tient autant de l’environnement que de l’installation.
Koop est une voyageuse infatigable : elle a parcouru les États-Unis à moto dans sa jeunesse et a récemment remonté la voie maritime du Saint-Laurent à bord d’un cargo. Elle a également vécu à Paris, Rotterdam, Tokyo et New York.
Au cours de sa carrière, elle a présenté plus de 60 expositions individuelles au Canada, ainsi qu’en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Inde, au Brésil, en Chine, au Japon et en Italie (cette dernière dans le cadre de la Biennale de Venise en 2001). Le Musée des beaux-arts du Canada, en collaboration avec la Winnipeg Art Gallery, a organisé une importante exposition rétrospective de son travail en 2010-2011.
Née à Vancouver, en Colombie-Britannique, fille d’immigrants mennonites russes, Koop s’est installée à Winnipeg, au Manitoba, alors qu’elle était enfant, et y vit depuis. En 1972, alors qu’elle étudiait encore à l’École d’art de l’Université du Manitoba, elle est invitée à participer à une exposition majeure à la Winnipeg Art Gallery. La réflexion sur la nature de la peinture qui traverse ses premières œuvres est devenue centrale dans sa pratique, et son exploration du médium a suscité une attention critique et curatoriale importante. Son travail a été présenté dans Artforum, Art Papers, Border Crossings, Canadian Art, frieze et MOMUS, et elle a fait l’objet de deux documentaires salués par la critique.
Wanda Koop a reçu de nombreux prix et distinctions. Elle a notamment reçu les médailles du jubilé d’or et du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II, ainsi que le Japan Fund Award du Conseil des arts du Canada. Elle a été nommée membre de l’Ordre du Manitoba et, en 2006, membre de l’Ordre du Canada, la plus haute distinction civile au pays. Elle détient des doctorats honorifiques de l’Emily Carr University of Art and Design à Vancouver, de l’Université de Winnipeg et de l’Université du Manitoba.
Ses œuvres font partie de nombreuses collections publiques et privées, dont celles du Musée des beaux-arts du Canada, du Musée des beaux-arts de Montréal, du Musée d’art contemporain de Montréal, de la Winnipeg Art Gallery, du Shanghai Museum of Modern Art, du Reykjavik Museum en Islande, et du Dallas Museum of Art.
En plus de sa carrière artistique reconnue, Koop est également engagée dans le travail communautaire et l’activisme social. En 1993, elle a cofondé la Rotterdam Apartment Cooperative afin de permettre à des artistes canadiens de vivre et travailler aux Pays-Bas, tout en offrant des résidences au Canada pour des artistes néerlandais. Figure importante de la communauté artistique de Winnipeg, elle a eu un impact concret dans sa ville. En 1998, elle a fondé Art City, un centre d’art installé en vitrine. Art City vise à réunir des artistes visuels contemporains et des jeunes du centre-ville pour explorer le processus créatif. Plus qu’un lieu dédié à l’art, Art City est un espace d’appartenance qui favorise les opportunités, le développement de compétences de vie et le renforcement de l’estime de soi au sein d’une communauté défavorisée.